Cetriabé au pays de la papaye

16 octobre 2011

Cambodge : 10 au 19 octobre

9ème vie : le Cambodge  du 10 au 19 octobre

3 jours, 3 pays : failli loupé le car. J'ai bien mis le réveil, mais j'ai oublié de changer l'heure. Suis encore à l'heure du Myanmar. M'en suis rendue compte en me réveillant. La blague...  Dévalé les escaliers 4 à 4 en courant. Débraillée, les cheveux en bataille, le portrait de travers (pas encore remis des excès de la veille sur Kao San Road) pour demander l'heure à la réception : "on est quelle heure de quel jour ici en ce moment ?" -  "vous êtes tout juste à l'heure, le pick up n'est pas encore arrivé". "Ah ouais mais j'ai pas bouclé mon sac, ni payé l'hôtel, suis encore en pyjama et j'habite au 5ème étage..." - "Ah bah vous êtes très très en retard". Sans blague... Je vole dans les ecaliers, plie mes bagages, rapide ; dans mon sac c'est Fukushima. Impossible de fermer. 5 minutes plus tard, suis en bas. Finalement j'attendrai... 12 000 volts dès le matin c'est plus dans mes habitudes. 

6 heures de car, 4 check point frontière : 1 thaïlandais et 2 cambodgiens. 1ère leçon au Cambodge : ne pas être pressé. 2ème leçon : il est préférable de faire appel à une agence en Thaïlande pour faire son visa ou le faire à l'ambassade Cambodgienne en Thaïlande : 3 check point Cambodgiens = 3 bakchich. L'addition peut être salée... 3ème leçon au Cambodge : pour ne pas engraisser les douaniers et encourager la corruption, tu engraisses des organisations parallèles... Différences : moins cher et plus sûr (tu connais le montant et les règles à l'avance). A méditer tout de même.

Me voilà à Siem Reap et les temples d'Angkor, une des merveilles du monde. Beaucoup d'eau. Plusieurs rues sont inondées. Pour se rendre dans les temples, il faut mettre les pieds dans la flotte (jusqu'au genoux). Et Mimi cracra, l'eau elle aime ça... Je prends la "police" en flagrant délit de mensonge. Je regarde les infos sur CNN et voit la rue dans laquelle j'étais 15 min plus tôt. Les images sont prises de telle manière, que l'on imagine toute le ville sous les eaux et la pluie. En réalité, il ne s'agit que d'un carrefour et 2 rues contournables. Il pleut 1h dans la journée (très fort). Pas de quoi me décourager...

Me voilà partie en vélo à la découverte des temples. Il faut pédaler un peu. 40 bornes. Alors je pédale, je pédale...

Grandiose !

Visite guidée d'Angkor Wat.

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Triste. Triste, d'entendre mon guide faire très souvent remarquer que ce temple, ainsi que les autres, ont été largement pillés par les français et les vietnamiens. Honte. Ce temple ainsi que les autres ne sont peu ou pas entretenus. Malgré les 20 dollars payés à l'entrée, aucune rénovation depuis que les français l'ont restauré avec les moyens de l'époque. Il m'explique que le gouvernement corrompu s'en met la moitié dans les poches, l'autre moitié est versée à l'entreprise privée à laquelle il a confié l'entretien du site. 4ème leçon dans ce pays : les uns ne valent pas mieux que les autres. 

Le site est majestueux. L'ambiance si mystérieuse qui y règne, saisissante :

Spéciale dédicace au Ta Phrom (fameux Tomb Rider). Les temples sont disséminées dans la nature, où la jungle a repris ses droits. Temples et arbres ne sont qu'enchevêtrement. Je me fais exploratrice, à la découverte de ces visages couverts de mousse et de ces racines couleur de pierre. On se demande si la forêt se fait protection ou destruction : les graines de fromager (un arbre) transportées par les oiseaux germent sur les murs et développent des racines tentaculaires qui disloquent la pierre. Les branches traversent fenêtres, portes et prennent possession du temple. Je pédale, pédale et pédale encore dans cette curieuse ambiance, fantomatique en fin d'après-midi.

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Deux jours à sillonner les temples. Mes fringues sont couvertes de boue.

J'aime la douceur de vivre et la chaleur des cambodgiens, les guest-house hyper chaleureuses et confortables à 3 ou 5 dollars la nuit, les marchés colorés, les sourirs des enfants. Le bonheur. On peut manger des tas de choses extraordinaires, de la baguette (héritage du colonialisme) des currys de poisson très très bon et très très épicés, que tu ne mangeras jamais. Tu fais un tour au marché et c'est régime pour le reste du voyage. Hygiène pas terrible. Par chance ma guest-house cuisine des petits plats à mourir tellement c'est bon, à un prix (g)astronomiques.

L'eau est montée d'un cran dans la zone inondée. Les gérants des magasins ont désespérément installés des sacs de riz devant leur boutique. Ce qui rend le trottoir surélevé plus difficilement praticable et n'a de toute façon pas pu empêcher l'eau et la boue de rentrer.

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Direction Phom Penh.

Je traverse le Cambodge du nord au sud en car sur une route toute neuve, donc surélevée, qui longe le fleuve et le lac du Tongsé. 
L'eau a totalement recouvert les rizières (qui jouent le rôle de réservoir). De l'eau à perte de vue. Je traverse un océan. Un océan de misère. Quelques centimètres séparent les maisons du pilotis de l'eau, les autre sont immergées. Les vaches et les poules ont pris refuge sur le bord de la route et ne trouvent plus de nourritures. Les femmes cuisines accroupies dans l'eau de leur maison. Malaise : alors que je visite tranquillement ce pays sans encombre, la population déjà très pauvre, vit une véritable catastrophe humanitaire. Plus de récoltes, plus de nourritures, plus d'abrits pour les bêtes. Les hommes et les enfants se sont reconvertis dans la pêche et les vendent du poisson frais au bord de la route. Le car qui s'arrête tous les 10 mètres pour permettre aux "bus/people" de faire leur courses. Dans les rizières poussent des poissons.
 
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J'amerris à Phnom Penh. Les pieds dans l'eau sous le soleil. Sous le pavé, les coquillages. Inondations très localisées. Je ne comprends pas que personne n'ai pensé équiper les cars, de bouées, palmes et canoës de sauvetage. Franchement ils pourraient installer des balises et des phares dans les rizières, pour accoster le rivage/village plus facilement.

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Jolie ville. Sur le bord du fleuve, on se croirait sur la Croisette. Les colons français ont laissé, des mauvais souvenirs, des fouilles archéologiques et la restauration de nombreux édifices par des passionnés, une architecture magnifique respectueuse de l'art Khmer et la bonne vieille baguette de pain. En manque. Je suis en manque. La nourriture française me manque. La nourriture de chez nous, me manque tellement. Tellement, que seul ceux qui ont quitté la France longtemps peuvent me comprendre. Moi qui adore manger. ça me bouffe !!! 2 mois que je suis aux pâtes/riz frits/ bananes. J'en peux plus... Le 1er soir je trouve refuge dans une école de restauration et de réinsertion. Chose incroyable : au programme c'est cuisine italienne. Ce sera mille feuille de poivrons, aubergines marinés, revenus à la poêle, à la plancha, salade, un filet d'huile d'olive, oignons, pignons de pain, service impeccable comme on le connaît chez nous. Une tuerie !!! La magie du voyage : le hasard fait toujours bien les choses. Je verse une larme, pas seulement parce que l'addition est salée à la mode française. Je suis en manque...

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Trouvé une bonne adresse pour des massages juste à deux pas de ma guest-house. Beaucoup d'aveugles exercent ce métier et sont très bien formés. Un artiste. Je ressors avec un corps tout neuf, après avoir tiré une larme (encore). Corps sensibles s'abstenir. J'irais tous les jours...

Deuxième jour à Phnom Penh : le musée du génocide - les camps de la mort : sordide. Je visite avec Héléna, une espagnole très drôle, rencontrée la veille.
3 millions de personnes déportées et assassinées (soit la moitié des khmers). Les khmers rouge ont repris l'administration concentrationnaire que l'on connaît, très organisée, très méthodique pour assassiner un maximum de personnes en un minimum de temps, mais ils ont innové dans la cruauté et l'application systématique de la torture. Ils ont enregistré de manière systématique et très précise leurs crimes en prenant des photos leurs victimes avant et après les avoir torturées (enfants compris). Poignants les témoignages des 7 survivants, des familles de victimes qui manifestent leur compassion pour les bourreaux des membres de leur famille. Plus étonnant encore, ceux des bourreaux eux-même retournés à la vie civile : photos et  récits de ces personnes qui ont cru en cette idéologie, qui ont parfois vu les membres de leur famille arriver dans le camps. Choquant de les voir cultiver leur champs, réparer des voitures, enseigner à des enfants. Pour la plupart enfants soldats de moins de 15 ans. Ils ont aujourd'hui une cinquantaine d'année. C'est mon chauffeur de tuck-tuck, le type qui tient la guest-house. J'admire le flegme de la population considère ces personnes comme des victimes. J'ai longtemps hésiter à y aller. Ne pas y aller, reviens à passer totalement à côté du pays, des éléments important de la psychologie de ses habitants (5ème leçon). Pas de photos de cette journée. 

Décollage pour le sud. Changement de décor : me voilà dans une guest-house perdue dans la jungle au pied des bananiers. Un endroit chaleureux et douillet au bord d'une rivière. Calée au creux des loveuses aux tissus fleuris. Pas un touriste. Que des cambodgiens et des expat en WE. Je reste 4 jours à humer l'air, observer les couchers de soleil sur la rivière et les collines environnantes, me faire masser, manger, écrire.

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Je retiens du Cambodge : les jeux des enfants, la gentillesse  et la douceur de vivre des habitants, l'atrocité des crimes perpétrés par les khmers rouge, l'architecture des centres villes, les boulangeries, les rivières, les pirogues qui se découpent au milieu des lacs, la misère et la dignité des cambodgiens, l'ambiance mystérieuse des temples fondus dans la jungle, les coucher de soleil magnifiques.

Cambodge : 10 jours, 3 lits, 5 leçons, des inondations, 15 boulangeries dévalisées : 1 carnage.

 

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Thaïlande - Kao San Road : 9 octobre

8ème vie : ¨Thaïlande - 9 octobre

 

En descendant de l'avion il flotte, comme un sentiment de liberté. Un poids en moins. J'arrive dans le quartier de Kao San road dans la soirée.

 

L'atmosphère tranche radicalement avec le Myanmar. Kao San Road est le point de ralliement de tous les back-packers de Bankok. Kao San Road, tu aimes. Ou pas. Moi j'aimais pas. Mais là j'adore ! (Tout est affaire de contexte - 1ère leçon en Thaïlande).

 

ça grouille de monde, de touristes, de marchands ambulants qui vendent des pad thaï pour moins d'un dollars, livres d'occase, montres, ceintures, disques dans tous les coins, des des jus de fruits pressés, des fripes, des fringues dans un bazar et un vacarme indescriptible. Kao San Road, c'est la capitale des copies. Copies en tout genre : lunettes, sac/fringues de marque, carte d'identité, de passeports, tous les livres possibles et inimaginables que tu ne liras jamais (des positions du kama Sutra à Kant, dans toutes les positions et toutes les langues), des guides touristiques de toute l'Asie (très pratique). Des bars, des boites de nuit. Il y a de la couleur, des lumières de toutes les couleurs, de la zic. ça pulse, ça vibre. Je mesure le poid de la chape de plomb qui pesait au Myanmar.

 

J'ai comme envie de faire la fête, de chanter, de danser, de rire, de crier. Comme une fulgurante envie de vivre !!!

 

Me voilà partie avec Monica (espagnole) pour une folle soirée de bringue et de shopping.

 

Au Myanmar, c'était ceinture. Pas question de dilapider mes devises (impossibilité de retirer de l'argent dans le pays et énormes difficultés pour le change). Là, je me lâche, rien ne coûte cher. C'est tout à un dollar. J'oublie toute contrainte et toute limite. On chine, on fouille, on farfouille dans le fatra, le foutoir et le fraca de cette rue trépidante. J'achète robes, t.shirt, short, le guide du routard Laos/Cambodge d'occase en français et dans l'édition 2010/2011, shampoing, culottes (urgence absolue de jetter mes culottes trouées qu'on pris une claque à force de tourner depuis 2,5 mois), jus de fruits, nems végétariens, un chapeau de paille et un magazine de fille en français. Eh oui, une fois de plus j'ai craqué. Il faut dire que les titres étaient alléchants : des cheveux de star en 24 pages (faut dire que les miens sont pas jojo... c'était vraiment utile de l'acheter ;-), Alerte! les hommes ne veulent plus coucher le 1er soir (manquait plus que ça - il s'en passe des choses pendant mon absence...)

 

On danse, on crie, on chante.

 

On est rincées. On rentre se coucher très tard.

 

J'adore la Thaïlande pour ses massages. Perso, j'aime bien quand ça fait mal. Beaucoup de mauvaises adresses. Je mène l'enquête pour dénicher le professionnel. Elle me tire une larme, mais en sortant j'ai un corps tout neuf. Me voilà requinquée, mon sac encombré (expédition par la poste indispensable pour éponger mes méfaits de la veille...).

 

10 jours avant que ma soeur et sa famille arrive en Thaïlande. Que visiter pendant cette période ??? Cambodge, Laos et Philipines en moins de 2,5 mois. Trop court. Vite, vite, il faut prendre une décision. Une île paradisiaque au sud de la Thaïlande ? Pas le temps pour boucler la boucle. La Laos ? Pas le temps de traverser le pays. Le Cambodge ?

 

Les inondations : le Laos, Cambodge et la Thaïlande n'ont pas enregistré de chutes d'eau aussi importantes depuis 10 ans... La bonne idée de partir cette année en Asie du sud est en pleine saison des pluies... En même temps on ne s'en rend pas compte. Il pleut la nuit et 1h maximum dans la journée (des bassines). 

 

Selon la police (médias européens et américains, le site du MAE), la Thaïlande serait sous les eaux et qu'il pleuvrait toute la journée, les liaisons seraient coupées. On se croit dans 20 000 lieux sous les mers avec le capitaine Nemo. Selon les syndicats (moi) : c'est plutôt la petite sirène au pays du soleil levant. Les inondations sont très localisées dans la moitié nord, les transports fonctionnent normalement et le soleil est là. Dans tous les cas, pas de risque pour ma vie (glissements de terrain ou torrents de boue qui déversent). Au pire, je mettrai les pieds dans l'eau. 2ème leçon en Thaïlande : ne jamais croire la police... 

 

Direction le Cambodge.

 

La Thaïlande : un jour, un lit, 1 vie, 2 leçons, une bringue. Bilan provisoire avant d'y revenir.

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25 septembre 2011

Myanmar (Birmanie) : 10 septembre au 8 octobre

7ème vie : Myanmar avec Brigitte

Le stress. Le stress à l'idée de devoir déclarer les moyens de communications dont je dispose. (PC, téléphones...). Mais non rien. Rien que des militaires très nombreux et l'obligation de passer ses bagages aux rayons... De toute façon ils ne me serviront à rien : réception et envoi de sms ou appels téléphonique impossibles (carte sim non disponibles), lignes saturées (les hôtels ont généralement 3 numéros de téléphone, car les lignes sont saturées ou inutilisables - souvent aucune ne fonctionne), coupures d'électricité (parfois toutes les heures), internet indisponible dans la plupart des villes (coupures aussi fréquentes que pour l'électricité), connections lentes (1h ouvrir 4 mails et y répondre, gmail en mode html simplifié il va de soi), nombreux sites non accessibles. Coupées du monde.

Yangon me paraît une ville pauvre, mais accueillante et riche d'un patrimoine incroyable. On croise une multitude de pagodes dont la Sule Paya juste à côté de notre hôtel. La pagode dorée est tellement belle au couché du soleil. Jolie chambrette... J'aime beaucoup le quartier de la Sule Pagoda. ca grouille de monde, de petites boutiques improvisées sur un coin de trottoir. On y trouve tout. Toutes sortes de choses improbables dans un pays si pauvre. Des centaines de boutiques de montres et réveils, de portables (inaccessibles pour la plupart des Birmans) (...).

 

 

On déchante rapide en raison du boycott. Nous savions qu'il est impossible de retirer de l'argent (pas de DAB). Il est nécessaire de rentrer avec tout l'argent dont on a besoin pour le séjour (28 jours en ce qui me concerne...). Mais ce que l'on sait moins, c'est que l'argent :

- s'échange au marché noir (grâce entre autre à une mafia indienne et pique pocket qui sévit autour de la Sule Pagoda) ;

- à un taux fixé par le gouvernement et qui varie sensiblement d'un jour à l'autre sans que l'on en connaisse les raisons exactes ;

- il n'est pas possible d'échanger des billets pliés, mouillés ou dont le numéro de série commence par certaines lettres, ni les petites coupures (moins de 100 dollars), ni les billets anciens (sais toujours pas ce qu'est un billet ancien).

- le taux de change affiché dans notre guide (et qui n'apparaît nulle part sur internet) a diminué de moitié, diminuant du même coup notre pouvoir d'achat.

Argument : le dollar a été dévalué. Ce que l'on sait moins c'est que pour les birmans l'euro a été encore plus dévalué que le dollar. Il se passe des choses mystérieuses dans l'économie planétaire, vue de la Birmanie... Par contre le prix des chambres a doublé (à cause du dollar nous dit-on). Il y aurait comme une inflation...

Évidemment, tout cela soulève quelques questions...

Il semblerait que le gouvernement rachète ces devises et imposerait que les billets soient en bon état. Résultat : pouvoir d'achat 2 fois moins élevé, impossibilité de retirer de l'argent et d'utiliser une partie des dollars et euros dont nous disposons.

Question : vais-je pouvoir rester dans ce pays 28 jours ou vais-je devoir racheter un billet d'avion pour la Thaïlande ?

C'est folklore : on se retrouve avec Brigitte à échanger nos euros et dollars dans la rue contre des valises de billets après avoir

- négocié le taux ;

- refusé d'échanger l'argent dans une petite ruelle sombre ;

- avoir recompter 2 fois chaque billets sans jamais les redonner aux rabatteurs (qui risqueraient d'en subtiliser une partie) ;

- ne pas se laisser intimider par les sbires nombreux qui pointent leur nez.

Carrément refroidies. Et en plus c'est ceinture pour le reste du voyage...

On découvre Yangon, ses maisons de thé avec thé au lait et pâtisseries locales (comme au Maghreb), où l'on s'assoit au bord du trottoir sur des tous petits tabourets qui font penser au mobilier des jardins d'enfants. Le tintement des clochettes accrochées aux stupas. L'insolence des pagodes qui fendent le ciel de mousson. Recouvertes de kilos d'or, elles s'illuminent au moindre rayon de soleil, comme un pied de nez à la pauvreté et l'oppresion de la population. La richesse des maisons coloniales qui contrastent avec les bidons villes construits au bord du fleuve. La mousse qui recouvre toute chose dans cette ville.

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On met les voiles pour Bagan. Impossible d'imaginer ces milliers de pagodes disséminées au milieu de la végétation tropicale, sur des hectares et des hectares. Immense. On se croirait dans Indiana Jones à explorer des temples perdus à la lampes torches. La plupart des rues sont en sables ou en terre. On circule en vélo ou en carrioles tirées par des chevaux ou des boeufs, comme dans le reste du pays. C'est bon de se laisser bercer par notre cocher, car on est crevée. Débarquées du bus à 3h du mat. La chaleur est écrasante. Le couché du soleil rougit la pierre et la terre, qui tranchent avec la végétation.

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Raz le bol des temples, on veut voir autre chose. Ananda, notre 1ère nounou au Myanmar nous propose de faire une balade en bateau sur l'Ayeyarwady. Incroyable de voir ses vies qui s'écoulent le long du fleuve : les enfants jouent dans l'eau, les femmes se lavent avec le linge, cuisinent, les hommes pêchent, vidangent leur bateau, réparent les pompes qui alimentent les villages plus haut... Débarqués sur une crique au milieu de nulle part, nous marchons au milieu de la végétation restée sauvage et arrivons à un très vieux monastère (Kyauk Gu Ohmmin). On tira sur la chevillette (un fil relié à une cloche) et 10 min plus tard la bobinette cherra. Le temple est sombre et présente un réseau de tunnels reliés à d'autres temples, des cavités servant à la méditation, dans lesquels on s'éclaire à la bougie. Ambiance... On essaiera d'observer le couché du soleil qui nous boude, depuis le fleuve. Souvenir de la/du meilleur(e) mangue/fruit jamais mangé. Une tuerie !!! Parfois on arrive à trouver autre chose que de l'huile et du sucre en Asie...

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Direction Kalaw. D'où nous partons pour un treck de 2 jours afin de relier le Lac Inle. Nos bagages nous attendrons là bas. On fait la route avec une guide Toe Toe et un couple d'espagnol. Paysages magnifiques, les enfants tellement attachants. J'aimerais bien en voler un, le planquer dans mon sac à dos... Chanceuses pour le temps, on essuie quand même une pluie de mousson, traversée de torrents. On est trempés et couverts de boue. Nuit dans un monastère. Austère. Un camp de moustiques, réfugié dans les toilettes spartiates (no coment), profitent d'une irrésistible envie de faire pipi pour te piquer les fesses... ça gratouille. La douche ce sera pour demain. Notre cuistot népalais nous a préparé un festin. Un grand plat de riz et pleins d'assiettes de saveurs différentes aux saveurs de l'Asie. Inoubliable, sa cuisine, son sourire. Ceux qui me connaissent savent à quel point j'adore manger et surtout qu'on me fasse à manger. Je l'épouserais bien. Mais il a déjà 1 femme et 4 enfants... Inoubliable aussi sa technique de séchage de vêtement et chaussures au dessus du feu. Très efficace. Les vêtements de Brigittes n'en sortiront pas indemnes. Le miens sentent le feu de bois...

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Drôle de voir ces novices On traverse le Lac Inle en bateau avec ses maisons sur pilotis, ses jardins et marchés flottants. Jamais rien vu de tel. Les gens circulent sur des pirogues.

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Rencontres successives avec 3 femmes birmanes (Ananda, Toe Toe et Thu Thu), inoubliables, magnifiques, instruites, parlant parfaitement anglais, connaissent extrêmement bien leur pays et dont la condition est extrêmement difficile encore aujourd'hui. Surprise constater qu'une société bouddhiste ne soit pas plus égalitaire et fasse peser autant de contraintes sur le femmes. Women not allowed.

Brigitte rentre en France. Toujours un peu triste de voir partir une nounou. La France me manque et je me sens un peu décalée. Enchainer ces vies et ces pays sans jamais rentrer chez moi est un peu déroutant. Repos obligatoire avant de reprendre la route vers le nord. Profite du cadre, du confort et de l'accueil de la guest house à quelques mètres du lac pour me reposer avant de reprendre la route vers les nord. Au programme : soigner les bobos (j'ai encore chopé une petite crève), éviter les moustiques (la zone est infestée de nuées de moustiques), rencontrer des voyageurs au long cours de diverses pays, ballade en bateau, en vélo, internet (c'est bon d'avoir des nouvelles), visite chez Thu, Thu, qui tient une agence de voyage (eh oui ça existe ici) pour me faire masser et organiser mon voyage la suite du voyage (un peu notre nounou sur Inle). Je me marre en repensant aux histoires de gosses (Toe Toe et Thu Thu sont sur un bateau...). lol

Le chant sans discontinu du moine de la pagode qui fait face à la guest me rappelle les pays musulmans (temples boudhistes toujours très silencieux dans les pays précédents...). Je profite un peu du calme avant de reprendre le rythme trépident du voyage, une fois ressourcée...

 

En cours de rédaction : la suite au prochaine épisode...

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Kuala Lumpur : 8 au 10 septembre

6ème vie : Kuala Lumpur

 

Arrivée en Malaisie à Kuala Lumpur. Et là surprise, ma Visa ne fonctionne toujours pas dans 5 DAB différents. Prudente, j'ai emporté une Visa ET une Master...

Mais... Je ne remets pas la main sur la Master, qui pourtant ne me quitte pas... J'imagine le pire. Panique à bord. Grand moment de solitude... Pas de wi-fi pour vérifier mes comptes. Je fais comme dans l'émission de Jean-Pierre Foucault, je donne ma langue au chat et appelle un ami. "Allô Choupi !!! ça va pas du tout...." François, t'as été merveilleux. Rien d'anormal sur mes comptes. J'essaie de nouveau, une fois, deux fois. ça fonctionne. Sais toujours pas ce qui s'est passé... Suis peut-être tout simplement fatiguée et j'appuie pas sur les bonnes touches... Impossible de savoir. J'aurai encore quelques surprises avec ma carte capricieuse par la suite...

Je retrouve ma Master à sa place. Pas du tout perdue. Juste trop bien rangée...

 

Trop épuisée, mon corps me lâche et il devient urgent de me reposer. Au quotidien, je ne ressens pas la fatigue. Trop absorbée par tout ce qui se passe autour...



Je renonce à visiter Kuala et reste à l'hôtel le reste de la journée, en évitant soigneusement de discuter avec les back packers de la guest house où je me trouve. La wi-fi est disponible et je n'ai qu'une envie : jaser avec les amis et retrouver un peu de ma maison. ça fait du bien et j'apprends des bonnes nouvelles en plus ;-)

Grasse mat et tour de la ville en bus. Le contraste avec l'Indonésie est saisissant. La ville est récente, pensée et organiseé. Elle reflète l'Asie : les gratte-ciel, la modernié, le luxe, les building asceptisés et climatisés, cottoient l'effervescense de chinatown, moite, grouillant, crasseux, aux enseignes multicolorent qui clignotent.

En parfaite touriste, je prends un bus climatisé pour visiter la ville. Rencontre une coréenne en transite avant un voyage d'affaire en Indonésie. On fait la route ensemble. Toujours aussi émerveillée (parfois exaséprée...) de constater à quel point les étrangers sont très au fait de l'actualité internationale et en particulier de celle de la France (ou plutôt des péripéties de notre président...).

 

Bon j'avoue mon crime, j'ai craqué, j'ai mangé un hamburger. Un menu BigMac. Tu espères qu'il aura le même goût que celui qe tu avales en France (oui, parfois ça m'arrive...). Parce qu'en même temps c'est exactement ce que que tu recherchais (la standardisation du goût). Eh ben même pas... Mais ça ressemble et ça fait du bien quand même...Que ceux qui ont quitté la France et la bonne bouffe depuis plus d'1,5 mois et ne se sont jamais laissés aller à ce genre de faiblesse, me jettent la 1ère pierre... Et puis c'était nécessaire à mon système digestif qui refuse désormais d'absorber nouilles frites, riz frit et bananes...

Bon je suis aussi aller jeter un oeil chez Zara. La collection automne/hiver. Dément, on trouve exactement la même chose qu'en France, un tout petit peu moins cher. Mais surtout on trouve des boots, des gants et des bonnets. Absolument dingue... Pas mal... ça tombe bien, je rentre en France pour les soldes.

 

Comme je viens de vivre une période de poisse. Je sécurise. Vérifie les horaires de mon vol pour le Myanmar et tant qu'à faire, enregistre en ligne. Me pointe toute confiante à l'aéroport avant d'apprendre... Que mon vol, n'existe pas ou plus. J'ai encore la confirmation de l'enregistrement disponible sur mon Iphone. Atterrée... Ils me trouvent un autre vol. J'arrivrai 2h30 après l'heure prévue et il est probablement impossible de passer un appel en Birmanie. Par chance j'arrive à prévenir Brigitte par texto (en escale en Thaïlande) que j'arriverai plus tard. Ouf !!!

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Malaisie : 1 vie, 1 lit et définitivement, j'aime pas la nourriture chinoise...

 

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Indonésie : 23 août au 8 septembre

J'ai choisi l'Asie en pensant découvrir la sagesse. Voyager à un autre rythme. Découvrir un autre mode de vie. Difficile. J'apprends le renoncement (1ère leçon).

En partant en voyage 6 mois, le champ des possible s'ouvre et dans le même temps se referme tout d'un coup, car il faut renoncer. Renoncer devant l'immensité du territoire à parcourir. Renoncer devant la diversité des cultures à découvrir. Le temps file à toute allure.

Souvenir du 1er jour à Bali. Sur la route en direction de Lombok, je rencontre 2 belges. Totalement surexcitée : it's the first day today !!! it's th first day today !!! J'ai tellement rêvé de ce voyage et fourni tellement d'efforts pour y arriver. Impossible de réaliser. Ça y est, j'y suis. Ça a commencé !!! L'impression que c'était hier et en même temps d'avoir vécu plusieurs vies.

Départ, très, trop éprouvant. Boucler mes dossiers, briefer ma remplaçante, déménager mon bureau (dans le 13ème), déménager mon appartement (pas réaliser le nombre de cartons) boucler mon sac, sauter dans l'avion. Heureusement mon départ a été repoussé pour cause de surbooking. La bonne nouvelle : du temps et des sous. Une aubaine.

1,5 nuit et 1 journée plus tard, j'atteris à Denpassar à 2h du mat après avoir enfin commencé à survoler le Lonely dans l'avion. Rien lu sur l'Indo avant. Pas le temps. Direction Gilli Meno (un attoll d'1,5 km) au large de Lombok (à côté de Bali). Prends un taxi, 1 chambre d'hotel pour me reposer 3h, un bemo, un bateau 4h, un autre bemo. Réalise que je n'arriverai jamais à temps à destination et que les trajets sont longs, très longs et compliqués... Stop dans un losmen dans le nord Lombok. Puis bemo, balade à pieds avec mon gros sac, bateau et rebalade à pied dans le sable, je m'écrase à mac 12 sur le sable de Gilli Meno. Terrorisée à l'idée de faire le trajet inverse. Cru que jamais j'allais repartir.

 

 

1ère vie : Gilli Meno (Xabier, Michel, Raffi)

 

Gilli Meno, car je suis totalement HS au bout du rouleau. Objectif : glander sur une ile déserte.

Pouvais pas tomber mieux. Gilli Meno est un ile déserte minuscule, plage de sable blanc, palmiers, cocotiers, bananiers, petites huttes en bord de plages, jus de mangues pressé. Le rêve... Levé de soleil magique devant l'hotel, couché de soleil de l'autre, à siroter des jus de fruits.

 

J'ai d'abord entrepris de faire le tour de l'île à pied sous le cagnard. Difficile de lâcher prise. Et puis j'ai enfin capitulé.

 

Jolie rencontre avec Michel et Raffi, expat français avec qui j'ai pris le temps de vivre. Rencontre avec James, britannique expatrié à l'ambassade du Pakistan, en vacances une semaine sur Gilli, avec qui j'ai beaucoup, beaucoup rigolé et qui m'a rassuré sur ma capacité à comprendre et me faire comprendre dans une autre langue que la mienne.

 

Gilli est une drôle d'île très calme dans la journée, qui semble se réveiller la nuit dans un boucan d'enfer : les poules (qui se baladent en liberté et viennent manger dans ton assiette), les geckos (lézards), les vagues, le vent, les oiseaux, le muezzin ou plutôt les muezzin de Gilli Meno, Gilli Air et Gilli Trawagan, en stéréo toute la nuit (pour cause de ramadan peu après mon arrivée). Incroyable.

 

Découverte de la plongée sur l'île et une pensée pour Stéphane, mon dive master et coach plongée en France, qui m'a bien aidé à en profiter. La plus belle plongée de ma vie : coraux et poissons multicolores tous illuminés, nage avec les tortues (très nombreuses - Gilli Meno est une réserve) et Xabier mon dive master attentionné. Ma 1ère nounou qui soigne coups de soleil et piqûres de moustiques.

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Snorkling avec Raffi, coup de soleil monumental sur mes petites fesses (éviter les chemises blanches pour aller dans l'eau, ça ne protège pas des rayons - 2ème leçon) devenues rouge vif.

 

Suis comme un poisson dans l'eau. L'impression d'être restée une vie entière là bas, qui pourtant n'a durée qu'une semaine.P1010291;P1010285,P1010284,P1010283,P1010304,P1010326,P1010319,P1010317,P1010315,P1010311,P1010332,,P1010330,P1010327,

 

Seconde vie : Bali avec Magali

 

Je quitte Meno pour retrouver Magali à Depassar, ma nouvelle nounou (qui m'a sauvé la vie en m'évitant de me faire percuter par un scooter)... 10 heures de promenade à pied, bateau, bus, bus, bateau, bus (plus facile une fois qu'on a compris comment fonctionne les transports). Atterrissage brutale à Kuta. Même quand on s'y attend. Boites de nuit à gogos, putes, rabatteurs qui t'interpellent : "cocaïne, marijuana, massage ?".

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Objectif : filer dans le sud. Un taxi et un accident de scooter sous nos vitres plus tard (en moyenne 1 par semaine), nous arrivons à Jimbaran après le couché de soleil (18h). C'est décidé, on ne visitera pas Bali à moto. Nous étions en train d'en discuter au moment où le scooter à côté a été projeté à plusieurs mètres. Un signe du destin... Un peu austère d'arriver la nuit sur cet axe gavé de moto, hyper pollué. On découvre le lendemain un petit port et un marché grouillant de pêcheurs, poissonniers, gosses, cageots, poissons, bateaux. Nous faisons une orgie de fruits de mer et profitons du couché de soleil féerique, en blaguant sur notre célibat et l'atmosphère si romantique du lieu.

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Après de sévères discussions, négociations, visites des transporteurs locaux et losmen, nous nous posons 4 jours à Ubud. Magiques les rizières, les couchés de soleil auxquels aucune photo ne saurait rendre justice.

Je suis bien en peine pour décrire la beauté et la puissance des paysages que j'ai traversé. J'égraine donc quelques photos qui jamais ne traduiront ce que j'ai vu...

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Rencontre avec Sonia et Emily, deux françaises de Martinique avec qui nous partageons un, bout de route. Nous avons toutes les 3, vu au ciné ou lu "mange, prie, aime". Le récit d'une américaine qui quitte son mari et les USA pour un an de voyage initiatique en Italie, en Inde et en Indonésie. Elle vit à Ubud et rencontre un gourou, un guide spirituel, qui pratique la médecine traditionnelle. Il lui prédit son avenir.

Les filles voulaient absolument le rencontrer. Totalement hermétique à ce genre de choses, je me prends au jeu. Passe la journée à imaginer les questions que je vais lui poser : vais-je rencontrer un homme, quand, qui, c'est quoi son tel, a-t-il une adresse mail où on peut le joindre ? On va avoir des enfants ? Avant la ménopause c'est possible ??? Je me marre... On joue les détectives, pour savoir ou se trouve ce brave homme. On se retrouve dans une agence avec 2 sbires qui s'occupent de prendre ses rendez-vous. Nous devons patienter car c'est un homme très occupé. J'hérite d'un ticket comme à la sécu, j'ai le n°23. Nous voilà donc à faire la queue pour rencontrer ce type de plus de 90 ans tout fripé et édenté. Je vous le fais en résumé : "I see your eyes, I see your face, I see your kness, you are very very lucky, you will be very rich (come back to see me at this moment - il a beaucoup d'humour), you will have 2 children, you will be married until 2 years. You are very clever and you will be lucky with computer, and beauty salon. You will be lucky rich and have good health until the end of your life. You will live until 90 years old. Be carefull with traffic". Nous voilà rassurée... Nous avons toutes les 4 la même version. On a quand même bien rigolé.

 

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Ubud est très touristique. Mais j'aime bien cette ville qui offre un joli cadre (moins austère que les villes traditionnelles Indonésiennes), des bars, des restaux et une multitude de spa pour se faire papouiller. Et surtout la possibilité de fuir la ville et la pollution pour se balader dans les rizières, les cocotiers, les galleries d'art.

 

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Rafting avec Sonia, pendant que Magali et Emily font une journée de spa complète. Là, je rencontre la famille Günner (sais pas comment ça s'écrit). Ce sont des amis de la famille Ponty (ma seconde famille) avec qui j'ai passé des vacances il y a quelques années. La famille est au complet (le papa, la maman, les enfants, les amis des enfants...) Incroyable de se retrouver le même jour, à la même heure, au même endroit, à faire la même activité... La magie des voyages... Très sympa ce raft. Nous retrouvons Magali et Emily, les pupilles dilatée ;-).

 

Après quelques jours posées à Ubud, nous partons en vadrouille faire le tour de Bali d'ouest en est. Voilà une semaine que je suis enrhumée, d'abord les amygdales gonflées (attribué à tord à la pollution). ça empire et je traîne une méchante crève... Dommage, car Amed où nous nous dirigeons est un très bon spot de plongée. Une épave se trouve à 30 mètres des côtes et à moins de 25 mètre de profondeur. C'est pour moi !!! Malheureusement je n'arrive pas à décompresser. Mal aux oreilles. J' ai pu longer toute l'épave et voir des milliers de poissons, mais impossible de rentrer dedans (descendue à 15/18 mètres au lieu de 23). Suis un peu déçue.

 

Parties pour Lovina dans un bemo tout pourrit et des routes défoncées, des vieux édentés nous sourient et cherchent à communiquer dans leur langue. Frustrant... Décollage à 5h du mat pour retrouver le pêcheur rencontré la veille et partir en bateau voir les Dauphins nager au levé du soleil. Totalement féerique. Levé de soleil à gauche, Gunnun Agung à droite (le plus haut volcan de Bali) et les dauphins qui jouent dans la mer. Puis snorkling au milieu des km de coraux. Jamais vu autant de poissons. Magali a une astuce imparable pour les attirer :-)

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Mundunk : les cascades dans la jungle, les plantations de fraises, de de café, de cacao, de clous de girofles. Il fait frais... Nous créchons dans une pension familiale très accueillante, chaleureuse, où la cuisine est excellente... On apprend à tresser et comprendre la signification des offrandes hindouistes, à jouer des instruments traditionnels balinais.

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Le vacances de Magali s'achèvent. Triste et inquiète de poursuivre ma route en solo en direction vers l'ouest pour attraper le bateau et traverser Java. Je vais devoir quitter le mode vacances... Nous prolongeons un peu la route ensemble en redescendant vers Ubud.

Je suis malade, les hormones dans les chaussettes, la crève (toujours) et la nausée (le nasi goreng pas passsé), les morsures de taon s'infectent (c'est dire la forme olympique dans laquelle je suis...). Suis épuisée. Merci Bernard pour les médocs (pas eu besoin des antibios pour le moment...)

Retrouvailles improbables et improvisées avec Audrey et Fabien (les Chatons) fraichement débarqués à Ubud. Magali s'envole pour la France.

Voilà 4 semaines que je suis partie et 3 semaines passées à Bali à avancer tranquillement.

 

3ème vie : est de Java avec Audrey et Fab

Audrey et Fabien veulent voir beaucoup de choses en peu de temps (Lombok, Bali, Java)... Ils mettent les voiles pour Java à peine arrivés. Pas eu le temps de regarder la suite. Ne sais plus quel jour on est, combien temps il me reste... Les Chatons me font réaliser, que comme tout mortel, il me reste peu de temps. Et me voilà partie avec mes nouvelles nounous... Au plaisir de voyager avec eux, s'ajoute le confort de voyager à plusieurs. Les distances sont longues, les trajets compliqués et couteux...

Direction le Kawa Ijen, son lac, sa souffrière et ses couleurs maginifiques (jaunes, vert, bleu). Plein les yeux... Levé 4h du matin pour marcher avec les balinais qui portent jusqu'à 40 kg de souffre. Découvrir la beauté et la force du volcan, la dure vie des porteurs de souffre est un moment fort de ce voyage qu'il m'est impossible de traduire en mot. Je laisse quelques photos.

 

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Direction le Bromo. Levé 3h30 du matin pour observer le levé du soleil au sommet de la montagne qui lui fait fasse. Course pour arriver en haut à temps... Une fois de plus, pas de mots pour décrire ce spectable incroyable. Paysage de cendre, lunaire, désertique, austère. Saisisssant. Rando le lendemain au pied du volcan qui crache de la fumée.

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Chaque instant je mesure la chance incroyable de voir ces paysages et de vivre cette expérience. Les efforts fournis sont largement récompensés.

 

Direction Jodjakarta accompagnée des Chatons. Viste des temples de Borobudur (Boudhiste) et Prambanan (hindouiste).

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C'est l'Idul Fitri (la fin du ramadan - l'équivalent de Noël chez nous). Il faut voir l'effervescence qui règne : les prix sont multipliés par 4, les transports sont bookés (les Indos fêtent l'événement en famille), les magasins débordent de marchandises, de vendreurs et d'indonésiens pressés.

Les indonésiens ont peu de vacances , mais beaucoup de jours de congés. Tout est fermé pendant plusieurs jours à cette période. Opération : mettre les voiles avant d'être bloqués. Les chatons m'abandonnent pour Lombok et je poursuis cette fois la route en solo. Un peu inquiète par la longueur des trajets (pas envie de me faire débarquer milieu de la pampa en pleine nuit) et la nécessité de faire descenre sensiblement ma moyenne journalière (à ce régime je dois rentrer en France dans 3 mois).

Une autre vie commence.

 

 

4ème vie : Ouest de Java avec Papaye et la famille de Bénédicte

 

Un bekak (moto), une train, un bakak, un bus, un bekak et 10h plus tard, j'atterris à Pagandaran.

Le train en classe économique est une vraie expérience : déborde, de gens, de sacs, de marchandises, de transexuels qui font la manche et blaguant avec des femmes voilées, de marchands et de musiciens ambulants, qui peinent à se frayer un chemin dans un train bondé et surchauffé, sans clim, sans ventilo. Les gens me dévisagent et se demandent ce qu'un euopéen peut bien faire dans un train en classe économique. Ma voisine me fixe avec insistanse depuis bientôt 1h et me prend en photo dès que je change de position. Je suis visiblement l'attraction et le principale sujet de conversation. Un homme qui parle anglais fait la traduction. Toute la rame en profite : d'où tu viens, où tu vas, t'es qui d'abord ?

 

Arrivée enfin à l'hotel, ma nouvelle nounou m'attend dans ce losmen très familial : Papay. (Comme le fruit ;-) Pagandaran c'est un peu le Saint-Tropez de Java à 4h/5h de bus des mégalopoles.

Je suis épuisée par les transports, la recherche permanente d'un hébergement, de nourritures, des sites à visiter. Objectif : se poser, dormir plusieurs fois dans le même lit, manger, recharger les batteries, commencer ce blog, organiser la suite du voyage (Bandung, Kuala Lumpur en Malaisie et l'arrivée au Myanmar ou je retrouve Brigitte - le tout en moins d'une semaine, le speed).

Pendant l'Idul Fitri, ça grouille d'indonésiens et de chinois (peu appréciés). Papay me fait décourvir le parc naturel, déniche des bouts de plage désertes (un exploit) où les cerfs et les singes s'approchent pour nous observer, m'emmenne au marché, me fait gouter tous les fruits qu'on y trouve, organise un barbecue avec des amis sur la plage. J'ai gouté au durian. Selon le Lonely planet, c'est un fruit très prisé des asiatiques, très cher, qui pue et dont le goût est infecte. Un tour de mobilette et me voilà sur le marché assise sur le bord du trottoir. Les gens autour se marrent car j'ai l'air dégoutée... Eh bien c'est super bon. Un peu bizarre. Ca a la texture de la crème nivea. Mais c'est hyper bon.

Papay répète inlassablement " never try never know" (4ème leçon).

 

Les gens me dévisagent en permanence car ici, il n'y a que des yeux bridés, mais ils sont curieux et engagent facilement la conversation.

Seuls inconvénients : les femmes de baignent toutes habillées et voilées. Il y a un commerce de mandi (salle de bain) à proximité des plages pour qu'elles puissent se changer. Impossible de ne pas se plier à la règle. L'autre inconvénient c'est que le losmen est situé juste en face de la mosquée et du haut parleur et qu'en période d'Idul fitri, le muezzin il chante toute la nuit. Jai bien dit toute la nuit sans interruption. Même les boules Quies tremblent...

 

Le temps se dilate et s'accélère en permanence. Le luxe de voir le temps s'étirer et paradoxalement se saccader en une succession de moments, d'espaces et de rencontres. Ce voyage est une succesion d'émerveillements et de coupures (affectives et géographiques).

Comme pour chaque voyage en solo, je suis zen, confiante, rien ne me contrarie... Me manque quand même mes amis, le chocolat et un peu le fromage.... J'en peux plus des nouilles, du riz, du piment, des bananes et c'est pas près de s'arrêter...

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Je quitte Papaye pour Bandung ou je retrouve la famille de Bénedicte (une amie parisienne) après 10 heures d'embouteilages pour aller dans cette grande ville proche de Jakarta. C'est classé rouge par bison futé pour le chassé croisé de l'Idul Fitri. Une nouvelle vie m'attend. Je découvre le mode de vie des Indonésiens de l'interieur, les marchands ambulants qui se deplacent dans chaque maison pour vendre de la soupe ou des legumes, les frites saucisses au petit déjeuner. La famille de Bénedicte m'accueille chaleureusement, m'emmène visiter les alentours. Beaucoup de questions sur la vie en France qui apparait facile. Pas toujours a l'aise pour répondre et parler d'argent (culture catho oblige).

Surprise de voir cette grande ville si récente présenter des constructions anarchiques, des routes défoncées et des indonesiens qui m'interpellent pour me demander de poser pour une photo (peu l'habitude de voir des occidentaux).

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J'arrive a Bogor (pour me rapprocher de l aeroport et eviter Jakarta) et profite du jardin Botanique. L'air se fait de plus en plus lourd, il fait chaud, je suis épuisée... Un gardien m'explique qu il pleuvra dans 2 semaines (mousson). Je prie le ciel, pour qu il pleuve, tellement l'air est irrespirable. Tout d'un coup, je suis exhaussée. Il tombe des cordes. On y voit plus rien, les éclairs déchirent le ciel, la rue se transforme en torrent, il commence a faire nuit et s'ensuit une serie de galères (la théorie du papillon).

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Je suis bloquée à l'hotel. Impossible de sortir. L'eau qui dévale les rues et la foudre me font renoncer. Je suis a cours d'argent et je dois payer l'hotel le lendemain.

Levé 5h du mat pour retirer de l'argent, payer l'hotel, prendre un taxi, un bus et l'avion... Impossible d'utiliser ma cate bancaire. Je perds du temps. Le stress. Réveille la proprio, négocie de payer en euros. Pas de taxis. Aucun angkot n'est directe pour aller à la gare routière. Angkot : bus dont on ne sait pas, d'où ils viennent où il vont, ni a quelle heure, ni avec qu'elle correspondance et ton sac ne rentre pas dedans. Personne ne parle anglais. C'est la course... Les gens me font des gestes pour m'indiquer la direction dans laquelle je devrais probablement trouver les 3 angkot qui m'amèneront à la gare routière. Je cours, je cours... et finis par attraper le bus et l'avion.


Je retiens de l'indonésie, l'odeur de la fleur de frangipanier, du poisson séché, le goût des pancake à la banane, les volcans, les poissons multicolores, les dauphins, l'indolence des balinais, le chant du muezzin, le sourire des enfants dans les rizieres.

Indonésie : 45 jours, 5 vies, 4 leçons, 17 lits.

 

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Voyage

 

Plan de voyage

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23 août au 8 septembre 2011 : Indonésie : Lombok (Gilli Meno) - Bali - Java

 

8 au 10 septembre : Malaisie : Kuala Lumpur

 

10 septembre au 7 octobre : Myanmar (Birmanie)Thaïlande / Laos / Cambodge / Vietnam

 

? au 23 décembre : Philippines

 

Retour prévu le 23 décembre 2011.

 

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