7ème vie : Myanmar avec Brigitte

Le stress. Le stress à l'idée de devoir déclarer les moyens de communications dont je dispose. (PC, téléphones...). Mais non rien. Rien que des militaires très nombreux et l'obligation de passer ses bagages aux rayons... De toute façon ils ne me serviront à rien : réception et envoi de sms ou appels téléphonique impossibles (carte sim non disponibles), lignes saturées (les hôtels ont généralement 3 numéros de téléphone, car les lignes sont saturées ou inutilisables - souvent aucune ne fonctionne), coupures d'électricité (parfois toutes les heures), internet indisponible dans la plupart des villes (coupures aussi fréquentes que pour l'électricité), connections lentes (1h ouvrir 4 mails et y répondre, gmail en mode html simplifié il va de soi), nombreux sites non accessibles. Coupées du monde.

Yangon me paraît une ville pauvre, mais accueillante et riche d'un patrimoine incroyable. On croise une multitude de pagodes dont la Sule Paya juste à côté de notre hôtel. La pagode dorée est tellement belle au couché du soleil. Jolie chambrette... J'aime beaucoup le quartier de la Sule Pagoda. ca grouille de monde, de petites boutiques improvisées sur un coin de trottoir. On y trouve tout. Toutes sortes de choses improbables dans un pays si pauvre. Des centaines de boutiques de montres et réveils, de portables (inaccessibles pour la plupart des Birmans) (...).

 

 

On déchante rapide en raison du boycott. Nous savions qu'il est impossible de retirer de l'argent (pas de DAB). Il est nécessaire de rentrer avec tout l'argent dont on a besoin pour le séjour (28 jours en ce qui me concerne...). Mais ce que l'on sait moins, c'est que l'argent :

- s'échange au marché noir (grâce entre autre à une mafia indienne et pique pocket qui sévit autour de la Sule Pagoda) ;

- à un taux fixé par le gouvernement et qui varie sensiblement d'un jour à l'autre sans que l'on en connaisse les raisons exactes ;

- il n'est pas possible d'échanger des billets pliés, mouillés ou dont le numéro de série commence par certaines lettres, ni les petites coupures (moins de 100 dollars), ni les billets anciens (sais toujours pas ce qu'est un billet ancien).

- le taux de change affiché dans notre guide (et qui n'apparaît nulle part sur internet) a diminué de moitié, diminuant du même coup notre pouvoir d'achat.

Argument : le dollar a été dévalué. Ce que l'on sait moins c'est que pour les birmans l'euro a été encore plus dévalué que le dollar. Il se passe des choses mystérieuses dans l'économie planétaire, vue de la Birmanie... Par contre le prix des chambres a doublé (à cause du dollar nous dit-on). Il y aurait comme une inflation...

Évidemment, tout cela soulève quelques questions...

Il semblerait que le gouvernement rachète ces devises et imposerait que les billets soient en bon état. Résultat : pouvoir d'achat 2 fois moins élevé, impossibilité de retirer de l'argent et d'utiliser une partie des dollars et euros dont nous disposons.

Question : vais-je pouvoir rester dans ce pays 28 jours ou vais-je devoir racheter un billet d'avion pour la Thaïlande ?

C'est folklore : on se retrouve avec Brigitte à échanger nos euros et dollars dans la rue contre des valises de billets après avoir

- négocié le taux ;

- refusé d'échanger l'argent dans une petite ruelle sombre ;

- avoir recompter 2 fois chaque billets sans jamais les redonner aux rabatteurs (qui risqueraient d'en subtiliser une partie) ;

- ne pas se laisser intimider par les sbires nombreux qui pointent leur nez.

Carrément refroidies. Et en plus c'est ceinture pour le reste du voyage...

On découvre Yangon, ses maisons de thé avec thé au lait et pâtisseries locales (comme au Maghreb), où l'on s'assoit au bord du trottoir sur des tous petits tabourets qui font penser au mobilier des jardins d'enfants. Le tintement des clochettes accrochées aux stupas. L'insolence des pagodes qui fendent le ciel de mousson. Recouvertes de kilos d'or, elles s'illuminent au moindre rayon de soleil, comme un pied de nez à la pauvreté et l'oppresion de la population. La richesse des maisons coloniales qui contrastent avec les bidons villes construits au bord du fleuve. La mousse qui recouvre toute chose dans cette ville.

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On met les voiles pour Bagan. Impossible d'imaginer ces milliers de pagodes disséminées au milieu de la végétation tropicale, sur des hectares et des hectares. Immense. On se croirait dans Indiana Jones à explorer des temples perdus à la lampes torches. La plupart des rues sont en sables ou en terre. On circule en vélo ou en carrioles tirées par des chevaux ou des boeufs, comme dans le reste du pays. C'est bon de se laisser bercer par notre cocher, car on est crevée. Débarquées du bus à 3h du mat. La chaleur est écrasante. Le couché du soleil rougit la pierre et la terre, qui tranchent avec la végétation.

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Raz le bol des temples, on veut voir autre chose. Ananda, notre 1ère nounou au Myanmar nous propose de faire une balade en bateau sur l'Ayeyarwady. Incroyable de voir ses vies qui s'écoulent le long du fleuve : les enfants jouent dans l'eau, les femmes se lavent avec le linge, cuisinent, les hommes pêchent, vidangent leur bateau, réparent les pompes qui alimentent les villages plus haut... Débarqués sur une crique au milieu de nulle part, nous marchons au milieu de la végétation restée sauvage et arrivons à un très vieux monastère (Kyauk Gu Ohmmin). On tira sur la chevillette (un fil relié à une cloche) et 10 min plus tard la bobinette cherra. Le temple est sombre et présente un réseau de tunnels reliés à d'autres temples, des cavités servant à la méditation, dans lesquels on s'éclaire à la bougie. Ambiance... On essaiera d'observer le couché du soleil qui nous boude, depuis le fleuve. Souvenir de la/du meilleur(e) mangue/fruit jamais mangé. Une tuerie !!! Parfois on arrive à trouver autre chose que de l'huile et du sucre en Asie...

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Direction Kalaw. D'où nous partons pour un treck de 2 jours afin de relier le Lac Inle. Nos bagages nous attendrons là bas. On fait la route avec une guide Toe Toe et un couple d'espagnol. Paysages magnifiques, les enfants tellement attachants. J'aimerais bien en voler un, le planquer dans mon sac à dos... Chanceuses pour le temps, on essuie quand même une pluie de mousson, traversée de torrents. On est trempés et couverts de boue. Nuit dans un monastère. Austère. Un camp de moustiques, réfugié dans les toilettes spartiates (no coment), profitent d'une irrésistible envie de faire pipi pour te piquer les fesses... ça gratouille. La douche ce sera pour demain. Notre cuistot népalais nous a préparé un festin. Un grand plat de riz et pleins d'assiettes de saveurs différentes aux saveurs de l'Asie. Inoubliable, sa cuisine, son sourire. Ceux qui me connaissent savent à quel point j'adore manger et surtout qu'on me fasse à manger. Je l'épouserais bien. Mais il a déjà 1 femme et 4 enfants... Inoubliable aussi sa technique de séchage de vêtement et chaussures au dessus du feu. Très efficace. Les vêtements de Brigittes n'en sortiront pas indemnes. Le miens sentent le feu de bois...

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Drôle de voir ces novices On traverse le Lac Inle en bateau avec ses maisons sur pilotis, ses jardins et marchés flottants. Jamais rien vu de tel. Les gens circulent sur des pirogues.

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Rencontres successives avec 3 femmes birmanes (Ananda, Toe Toe et Thu Thu), inoubliables, magnifiques, instruites, parlant parfaitement anglais, connaissent extrêmement bien leur pays et dont la condition est extrêmement difficile encore aujourd'hui. Surprise constater qu'une société bouddhiste ne soit pas plus égalitaire et fasse peser autant de contraintes sur le femmes. Women not allowed.

Brigitte rentre en France. Toujours un peu triste de voir partir une nounou. La France me manque et je me sens un peu décalée. Enchainer ces vies et ces pays sans jamais rentrer chez moi est un peu déroutant. Repos obligatoire avant de reprendre la route vers le nord. Profite du cadre, du confort et de l'accueil de la guest house à quelques mètres du lac pour me reposer avant de reprendre la route vers les nord. Au programme : soigner les bobos (j'ai encore chopé une petite crève), éviter les moustiques (la zone est infestée de nuées de moustiques), rencontrer des voyageurs au long cours de diverses pays, ballade en bateau, en vélo, internet (c'est bon d'avoir des nouvelles), visite chez Thu, Thu, qui tient une agence de voyage (eh oui ça existe ici) pour me faire masser et organiser mon voyage la suite du voyage (un peu notre nounou sur Inle). Je me marre en repensant aux histoires de gosses (Toe Toe et Thu Thu sont sur un bateau...). lol

Le chant sans discontinu du moine de la pagode qui fait face à la guest me rappelle les pays musulmans (temples boudhistes toujours très silencieux dans les pays précédents...). Je profite un peu du calme avant de reprendre le rythme trépident du voyage, une fois ressourcée...

 

En cours de rédaction : la suite au prochaine épisode...